COMMENT CA MARCHE ?

     La mémoire, comme l'oubli sont les artisants de nos souvenirs. C' est pratique pour se raconter, on en prend, on en laisse. Une chronologie, une linéarité, pour que l'autre comprenne ce qu'on a à lui dire, pour partager. Ca s'appelle communiquer.
      Mais la vie n'est pas si linéaire, elle. Ce qui se raconte dans la vie, ce sont des influences anciennes oubliées et qui guident les gestes,des projections dans l'avenir pour chaque action,des serments, des regrets passés.Un présent constitué d'hier, de demain, de toujours, de jamais,et d'une bulle d'oubli, un répit dans le temps qui permet enfin d'en profiter,de la vie.
Ainsi, raconter une vie pourrait se faire dans un désordre total, un chaos d'instants dans lequel parfois viendrait poindre un lien, et soudain l'histoire apparait.
      Aller, j'en fais la tentative,
      Une musique, une image, un texte, des petits morceaux et des liens vers d'autres petits morceaux. Le reste c'est à votre imagination de le construire.

 l'histoire commence ici

Samedi 3 septembre 2011 6 03 /09 /Sep /2011 18:54

 

Larie assista impuissant à la scène, démunit face aux évènements. Lui, le représentant de l'ordre désabusé se trouvait frappé d'une stupeur nouvelle face à l'homme aux yeux de fou qui sortait de la chambre, le teint blême, en blouse de patient. Les tubes et fils divers pendaient le long de son corps alors qu' apparemment étourdit il se tenait dans le chambranle de la porte de la chambre reprenant son souffle, déjà prenant son élan, déjà bondissant dans le long couloir blanc , quelques dixièmes de secondes il traina avec lui une potence qui finit de se détacher.

Évanescent, il évitait les mains des infirmières qui tentaient de prendre son contrôle. Lui criait.

_ LOOORE.

Il passa devant Larie sans lui accorder le moindre regard alors que l'autre restait là, subjugué. Derrière, la porte du bureau s'ouvrit pour laisser le passage aux deux médecins alertés par les cris. C'est le chirurgien qui réagit le plus vite et donna les premiers ordres.

_ Mais arrêtez le ce con, il va me saloper tout mon boulot.

L'homme fit encore quelques mètres. De dos, Larie voyait son corps presque dénudé, le bassin habillé d'un grand pansement qui l'entourait, les multiples drains et autres tuyaux scotchés a ses jambes désormais tremblantes d'incertitude.

_ LOOOOORE.

Et sa voix s'écrasait en sanglots le long des murs blancs de l'hôpital alors qu'il se faisait maitriser par le personnel masculin

_ Faites attention, intimait le chirurgien inquiet.

Le pansement était sale de sang, Larie imaginait sans peine les sutures se réouvrir et mesurait toute l'horreur de l'instant alors que le sol se couvrait de liquides divers expulsés par les tuyaux.

 

Froeude approcha de Larie alors qu'on emmenait le corps calmé par une dose de tranquillisant.

_ Bizarre, vraiment bizarre.

_ Oui.

_ Vous allez devoir reporter votre petit interrogatoire monsieur l'inspecteur, je craint que lui non plus ne soit pas en état d' éclairer votre lanterne.

 

Par estel siliab
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Samedi 27 août 2011 6 27 /08 /Août /2011 15:45

 

_ Alors Frœude, comment se porte notre mangeuse d'homme ? A t-elle dit quelque chose ? Demanda le chirurgien.

_ Non, elle s'est retirée en catatonie on est pas prêt de lui faire ouvrir la bouche, dit l'autre avec un demi sourire.

Larie se gratte la tête et levant le bras en l'air et tendant le doigt vers le plafond dans un réflexe typiquement flico-televisuel se retourne vers les deux hommes.

_ Heu excusez moi messieurs, docteur Freud ? De la famille ?

_ Non, rien à voir, simple prédestination nominale.

_ Étonnant.

_ Et vous allez rire, mon beau père s'appelle Mr Lairbag.

_ Oui et ? Je ne vois pas...

_ Il est propriétaire d'une casse automobile.

_ Marrant ça.

_ Oui, il a 83 ans, ce qui fait de lui le premier Lairbag sur le marché automobile au monde.

 

_ C'est donc l'esprit détendu que nous allons pouvoir aborder le sujet qui nous intéresse. Dit le chirurgien aux deux hommes.

_ Oui bien sur, dit Larie qui n'en avait aucunement l'intention au départ et qui, voyant l'entrevue prendre ce tour aussi professionnel s'était rapidement adapté. Il trouverait bien l'occasion de revoir ce chirurgien seul à seul un peu plus tard. Depuis le temps qu'il gardait son petit problème pour lui, il n'aurait pas de mal à le taire encore un peu. Il s'intéressa donc au rapport détaillé que pourrait lui faire les deux professionnels ce qui lui permettrait d'avancer un peu sur cette enquête de routine bien plus ecoeurante que captivante.

Qu'il était loin le temps des courses poursuites et des espoirs fous, ne restait aujourd'hui que le temps passé qui avait blanchit ses tempes et dressé sur ses illusions la barrière de la routine. Mais pour la justice même les chiens écrasés avaient le droit que l'on découvre leur vérité surtout lorsque ces chiens écrasés étaient des êtres humains, aussi...

_ Bien, dit-il, alors de sa part, nous n'avons actuellement aucun élément nous permettant de savoir exactement ce qu'il c'est passé ?

_ Non inspecteur et d' après ce que je sais le jeune pompier qui s'est chargé de la réanimée est le dernier à l'avoir vue la bouche ouverte.

_ Comment vas t-il ? Demanda le chirurgien.

_ Je me suis entretenu avec lui tout à l'heure, je ne vous cache pas qu'il mettra un peu de temps à s'en remettre. Comme il me l'a dit, pour lui il y aura désormais un avant et un après. Mais c'est un professionnel il surmontera cette … heu... épreuve.

_ Oui, je vais tacher de prendre sa déposition avant qu'il quitte vos locaux.

_ Je lui ai dit qu'il pouvait rentrer chez lui, désolé inspecteur.

_ Ce n'est pas grave, je le verrai plus tard.

Il fouille dans sa veste à la recherche d'une carte. Il la trouve et la tend au psychiatre.

_ Vous voudrez bien me prévenir quand elle sortira de son mutisme s'il vous plait docteur ?

L'autre lui prend la carte et la contemple un instant avant de relever les yeux.

_ Monsieur l'inspecteur, je ne sais pas si je me suis bien fait comprendre.

Larie hausse un sourcil.

_ Je ne sais pas si elle sortira un jour de son mutisme, je ne sais pas si elle bougera un jour, vous ne vous rendez pas bien compte de l'atteinte qu'on put provoquer ses actes sur sa psyché.

_ Que voulez vous dire, qu'elle est folle ?

_ Non, je veux dire que je réserve mon diagnostic et surtout que je ne vous promet rien, monsieur l'inspecteur.

Larie se tourne vers le chirurgien.

_ Ne me reste plus que la victime alors.

_La victime était coupable, chuchote Froeude, bon titre pour un journaliste.

Mais il ravale rapidement le sourire qui commençait à poindre à la commissure de ses lèvres et recule légèrement face aux regards chargés de reproches des deux hommes.

_ Donc, la victime, dit Larie en se tournant vers le chirurgien et faisant du même coup abstraction de la mauvaise blague.

_ Il doit être en train de digérer la nouvelle pour le moment, dit le chirurgien, je vous demanderait de le ménager un petit peu.

_ Oui... hum... donc il ne sait pas pour la fille ?

_ Concernant son état ? Non. Qu'il accepte déjà le sien, ce sera beau.

_ Bien, merci messieurs, dit l'inspecteur en serrant la main de ses interlocuteurs, j'y vais.

Mais on sentait bien qu'il ne voulait pas y aller et d'ailleurs personne ne le poussait vers la porte, appelons ça de la solidarité masculine. De l'empathie mal placée ou un refus bien compréhensible d'affronter certaines réalité. Ce n'est pas drôle mais c'est le boulot, enfin il ouvrit la porte et s'engagea dans le long couloir blanc avec un soupir résigné.

 

Par estel siliab
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Lundi 22 août 2011 1 22 /08 /Août /2011 00:14

 

Elle n'est pas venue tout de suite habiter chez moi, cela s'est fait petit à petit. Elle venait donc sans que j'ai besoin de l'inviter, parfois, je l'invitait quand même, un sms suffisait de ma part, elle de son côté savait qu'elle n'avait pas besoin de me prévenir.

J'entends sonner vers 22h30, elle, qui d'autre ? Elle est appuyée contre le chambranle, la tête inclinée et tandis que j'ouvre la porte en grand elle continue d'en grattouiller le vernis du bout des ongles. Son bras s'étend dans la gaine noire de son cardigan jusqu'au maximum de sa tension. Elle relève ses boucles et me gratifie de son plus beau sourire. Je passe les deux millions d'années suivantes dans ses yeux jusqu'à ce qu'elle vienne se lover contre moi, vraiment, elle s'enroule, de tout ses bras, ses jambes, puis embrasse ma poitrine, ma chemise, juste au dessus de la poche.

Cela fait trois jours que je lui ai envoyé le texto pour l'apéro de se soir, depuis, sans aucune nouvelle je vis dans l'attente et l'excitation. Tout le monde est là depuis un bon moment et pour tromper l'attente j'ai mis un zèle énorme dans la confection de petites bouchées diverses pour agrémenter le vin. Tous me félicitent pour mes petits roulés de champignons, avec humilité je baisse la tête ce qui me permet de jeter un coup d'œil à ma montre. Il est plus tard que la dernière fois que je l'ai regardée de deux minutes.

Mais la voilà. J'ai à peine cligné des yeux que déjà je ne la voit plus que de dos, sa main en une ultime volute s'attarde encore sur moi, comme sur la porte tout à l'heure, elle gratte mon vernis avec nonchalance. Toujours agréable, toujours souriante elle fait le tour de l'assemblée en distribuant son affection, sa sollicitude, elle sympathise avec ceux qu'elle ne connait pas, un petit mot pour les autres, une blague, une gentillesse, on lui offre à boire, une place sur le sofa, les conversations reprennent de plus belle.

Ça fait deux minutes que tu es là depuis toujours.

Je reviens m'asseoir au sein du cercle, je m'inclus dans une discution quelconque. De loin elle lève son verre et m'adresse un clin d'œil avant de poursuivre le débat avec son voisinage immédiat, je n'entend pas la conversation. Je rempli quelques verres, à nouveau les plats ont étés vidés, je me lève et les emporte en cuisine pour m'occuper de la prochaine fournée.

Alors que je relève la tête du four je la sens m'envelopper encore une fois. Devant mon nez passent un verre de vin à moitié vide dans une main douce et une cigarette allumée entre deux doigts fins. Je ne peux pas bouger sans risquer l'incident mais je sent tout son corps et sa tête appuyés contre mon dos.

_ Je t'aime, me dit elle. Et c'est la première fois qu'elle me parle de la soirée. Je n'ai que le temps de sourire et tout son corps s'est envolé dans l'autre pièce, pourtant je ne bouge pas, je ferme les yeux.

 

Par estel siliab
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Mardi 16 août 2011 2 16 /08 /Août /2011 19:24

 

 

Lore...

 

_ Bonjour monsieur,

Le chirurgien regarde la fiche de santé au bout du lit. Il a choisi stratégiquement de ne pas rencontrer le regard de son patient.

_ Bien, l'opération s'est bien passée mais nous allons tout de même vous garder quelques jours pour confirmer qu'il n'y a pas de rejet du greffon mais on peu dire que vous avez eut de la chance de trouver un donneur sur place. Vous allez ressentir quelques démangeaisons les premiers temps aussi je vous demanderait de ne surtout pas vous gratter dans la zone sensible, si vous avez besoin, appelez l'infirmière qui vous donnera un calmant. Vous devez sentir un tuyaux le long de votre cuisse, n'y touchez pas non plut, l'infirmière de service s'en occupera. Je crois que c'est tout, je repasserais dans quelques jours quand on vous aura mis les nouveaux pansements et heu... oui, le psychologue passera vous voir dans l'après midi, voilà, au revoir monsieur.

Le tout dit d'une traite pour ne pas risquer d'être interrompu. Je n'ai fait qu'esquisser une grimace d'incompréhension totale que déjà il s' apprête à passer la porte, je souffle :

_ Ou est Lore ?

Mais déjà il est parti.

 

A l'accueil les infirmière patientent en compagnie de l'inspecteur Larie , leurs regards interrogateurs se lèvent vers le chirurgien,

_ Alors ?

_ Il l'a plutôt bien pris, a priori, mais il faut que l'information soit assimilée petit à petit mais désormais. Les cartes sont entre ses mains, à lui d'avoir l'intelligence d'accepter sa situation. Je vous le laisse monsieur l'inspecteur mais soyez patient avec lui, vu le traumatisme qu'il a subit il risque d'avoir perdu la mémoire des évènements.

_ Oui bien sur, dit Larie,mais...heu... avant d'aller le voir, monsieur le médecin...

_ Oui monsieur l'inspecteur ?

_ Pourrais – je vous parler en privé s'il vous plait ? Je vous promet que je n'abuserait pas de votre temps.

_ Je vous en prie, venez dans mon bureau, de la main il l'invite avant de le précéder dans le long couloir blanc.

 

 Au loin un bras se lève en signe de reconnaissance.

_ Et voilà notre psychiatre, le professeur Mèlies qui tombe à pic.

_ Tout à fait.

_ Bonjour messieurs, je voulais vous voir.

_ C'est à propos de la fille ?

_ Oui.

_ Entrez donc messieurs, nous serons plus à l'aise pour discuter.

 

Par estel siliab
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Mardi 16 août 2011 2 16 /08 /Août /2011 11:57

 

_ lore...

 

L'infirmière sort de la chambre,

_ Il est réveillé docteur.

Le médecin occupé à signé quelques papiers repose le tout sur le comptoir de l'accueil du service greffe en soupirant. Autour de lui chacun retient son souffle respectueusement, conscient qu'ils sont de la difficulté de la tache qui se présente à lui. Il connait le détachement, il sait ne pas s'impliquer émotionelement, c'est la base de son métier, le manque d'empathie, essentiel sinon on ne dure pas longtemps. Pourtant il lève les yeux au ciel et même s'il n'est pas croyant, même s'il ne prie pas ses lèvres bougent silencieusement en répétant le discours qu'il va bientôt faire.

_ Merci Marylène, j'y vais tout de suite. Jacqueline, vous appellerez l'inspecteur Larie à ce numéro , il lui tend une carte de visite, vous serez bien aimable.

_ Oui Monsieur.

_ Bon, j'y vais.

Il enfonce les mains dans les poches de sa longue blouse blanche, immaculé, se retourne et avance lentement en direction de la chambre de domino, il avance en trainant les pieds, difficilement, à contre cœur, à contre courant. Il est de ces situation, de ces problèmes que l'on voudrait résoudre ou que l'on résout au mieux mais cela n'enlève pas parfois ce sentiment désagréable d'impuissance. Sa glotte opère un léger sursaut, tiens, ça le fait rire ça, un peu, un peu jaune.

 

Lore...

_ Bien, maintenant nous achetons un lieu de vie pour nous deux.

_ Une maison ?

Elle fait mine de réfléchir en prenant la pose, l'index posé à la commissure des lèvres.

_ Humm, non, pas obligé.

Voilà qui me rassure.

_ Écoute Lor...

_ Ça y est, j'ai trouvé, suis moi.

Et sans attendre elle me prend la main, et m'entraine a sa suite. Tout en avançant elle trempe sa tête entre les tiges qu'elle tient encore dans son autre main et sur lesquelles quelques pétales survivantes sont encore désespérément accrochées, respire un grand coup puis, profitant d'une poubelle qui croisait notre chemin elle le jette dedans tout en opérant un demi tour de ballerine et stoppe face à moi.

_ C'était un très joli bouquet Dom mais il est temps de lui dire adieu.

_ C'était pathétique, lui dis-je pour m'excuser.

_ Dans un monde de rose, j'en convient mais en tant qu'intention c'était très très romantique. Elle me dépose un léger baiser sur le nez, aller vient.

A peine entrés dans le magasin nous voilà assaillit par les vendeurs.

_ Stop, dit elle en levant la main droite en position d'arrêt. Ce qui a pour effet... l'effet escompté, il y en à même un qui, de surprise c'est rigidifié dans sa position, le corps en avant, un pied décollé du sol, immobile. C'est pour monsieur, il cherche le rayon literie.

C'est vrai ça, depuis quand n'ai-je pas dormi ? La sculpture de chair en face de nous à pointé collectivement ses doigts vers le premier étage.

_ Bien, je vais pouvoir me reposer.

_ Te reposer ? Avec moi dans ton lit ? Non mais vous rêvez jeune homme, il y a des hôtels pour ça.

Arrivés à l'étage nous constatons que le slogan publicitaire de l'entrée n'a pas mentit, 15000 m² de literie à votre disposition.

_ voilà, c'est ici que l'on va vivre, dis, tu as un endroit pour le mettre ?

_ Chez moi mais il y a déjà un lit.

_ Il est vieux il est moche et il à déjà servit.

_ Bof, pas tant que ça.

_ Et tu peux m'assurer que je ne risque pas d'y rencontrer quelques poils pubiens blond, ou des acariens repus nourrit par des fluides corporels auxquels je n'aurait pas été présentée ?

En signe acquiescement je ne dit rien.

_ De toute façon tu ne te rappelles pas ce qui s'y passe dans ton lit.

Je lui tire la langue tentant de réprimer un sourire.

_ OK pour le lit ma belle, mais lequel ?

_ Ça mon mignon, il n'y a qu'un seul moyen de le savoir...


Par estel siliab
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